IDéNum ou l’identité numérique devenue politique

A l’occasion du Forum International de la Cybersécurité qui s’est tenu à Lille les 28 et 29 janvier derniers, Fleur Pellerin, Ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique, a annoncé la relance du projet IDéNum qui avait été initié par Nathalie Kosciusko-Morizet en 2010. Ce projet – ou « label » comme il avait été qualifié à l’époque – se voulait être un service d’authentification forte basée sur la possession d’un certificat visant à réduire les risques d’usurpation d’identité sur Internet et, pour citer Nathalie Kosciusko-Morizet, à « en finir avec les mille et un mots de passe ».

Quoique l’intention fut bonne, le projet avait été accueilli en 2010 avec un certain nombre de réserves, pas tant sur sa finalité que sur son modus operandi. Je posai moi-même à l’époque sur le site de Global Security Mag un certain nombre de questions pratiques ou techniques, questions qui me semble-t-il, restent d’actualité pour cet IDéNum ressuscité. Du reste, je n’allais pas obtenir de réponses à mes questions. En effet, le projet disparut progressivement des écrans radars pour être finalement abandonné quelques mois plus tard. Des points d’avancement, un pilote même, avaient été prévus pour le deuxième semestre 2010 alors que 58 organismes ou entreprises partenaires s’étaient associés au « label ». Mais en novembre 2010, clap de fin, Nathalie Kosciusko-Morizet passait de l’Economie Numérique à l’Ecologie, et on n’allait plus entendre parler d’IDéNum. Lire la suite

Apple à la croisée des chemins

Les mois passent et les cieux au dessus d’Apple ne sont plus tout aussi cléments. Oh, certes la pomme est loin d’être tombée de l’arbre, Apple est toujours une société extrêmement profitable et jouissant d’une très grande aura, mais elle n’est plus seule sur les sommets où l’avait emmenée Steve Jobs durant la dernière décennie et les investisseurs commencent à s’en inquiéter. Le titre Apple a ainsi perdu 12% à l’annonce de ses résultats 2012 (pourtant records) et perdu quelques jours plus tard sa place de première capitalisation boursière qu’elle rend à Exxon Mobil après 18 mois de leadership. Les résultats d’Apple ont beau être excellents, beaucoup craignent qu’Apple ne puisse être en mesure de résister à la déferlante Android. Il faut dire que la vague est haute. Techcrunch publiait ainsi il y a peu un article relayant l’analyse de Strategy Analytics selon lesquels l’OS mobile de Google équipe désormais 70% des smartphones achetés dans le monde.

C’est dans ce contexte de doute pour Apple qu’est sortie il y a quelques semaines sur l’iTunes Store (en version originale), et plus récemment en DVD à la FNAC (en version originale sous-titrée et plus ou moins bien traduite), une interview de Steve Jobs réalisée en 1995, alors que ce dernier était Président de Next et à quelques mois de reprendre les rênes d’une Apple moribonde (dans cette interview Steve Jobs allait jusqu’à prédire la mort prochaine d’Apple). L’entretien est remarquable sur des bien des points. D’abord de part son caractère historique, au sens premier du terme, car l’interview est ponctuée d’anecdotes sur Steve Jobs et son compère Steve Wozniak, les premiers pas d’Apple dans l’industrie informatique et les balbutiements de ce qui allait devenir la Silicon Valley. On retrouve également l’incroyable personnalité d’un Steve Jobs alors quadra, déjà auréolé par la sortie de l’Apple II puis du Mac au début des années 80s, mais pas encore « starisé » par l’immense succès planétaire des iPod, iPhone et iPad. Dans cette interview, les réponses de Steve Jobs sont toujours pertinentes, calculées, affutées, et empreintes d’un grand sens de l’Histoire de l’industrie informatique et sur le devoir des nouvelles technologies à changer le monde et la vie des gens.

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Le Cloud n’est ni sûr, ni dangereux, il est un niveau de risque accepté

Les formules marketing n’ont pas toujours l’effet escompté par leurs auteurs. Dans un pays culturellement porté sur le débat et – quoi qu’on en dise – plutôt technophile, les slogans des éditeurs, intégrateurs et autres sociétés de services en ingénierie informatique ne passent pas systématiquement comme une lettre à la poste.

Le responsable de l’offre Cloud Computing d’un cabinet de conseil bien connu a pu en faire l’expérience il y a quelques jours en lisant les commentaires acérés de certains internautes suite à son billet intitulé: « La peur du cloud computing n’est pas plus rationnelle que celle de l’avion. »

L’article en question se découpe en trois grandes phases. Dans un premier temps, une définition du Cloud – qui disons-le tout de suite n’est assurément pas la mienne – : le Cloud « désigne une informatique où l’on confie ses données sans en connaître la localisation géographique ». Dans un deuxième temps, une justification du bien-fondé du Cloud basée sur les compétences de ses acteurs, qui sont d’après l’auteur de l’article – « beaucoup plus compétents » que le lecteur « pour assurer l’intégrité » de ses données, car « ce sont des professionnels des centres de données ». Et enfin, le cœur de l’article, à savoir le parallèle avec la sûreté du transport aérien. La thèse de l’auteur est de dire que s’il y a bien régulièrement quelques ratés dans les services Cloud, ils sont hyper-médiatisés et bien plus nombreux que les services rendus aux entreprises et aux utilisateurs et dont on entend jamais parler. Si je caricature un poil ce discours, il consiste finalement à dire: « le Cloud c’est sûr, il n’y a aucune raison de ne pas y passer ».

Les trois phases de cet article sont selon moi éminemment critiquables.

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